Francesca. Pour le meilleur et pour le pire.

 

Francesca,

pour le meilleur

et pour le pire.

 

 

Pièce écrite par Frank Depoilly.

Décembre 2018.

28 personnages

 

 

scène 1 :

James, monsieur Wilton (le patron), monimoni, Flavia

 

_ Mademoiselle Monimoni ?

_ oui, monsieur, j’arrive.

_ Est-ce qu’il est arrivé ?

_ Oui, monsieur. Il patiente à côté.

_ Très bien, faites-le entrer.

_ James ? Vous pouvez entrer.

_ Merci Monimoni. Vous êtes toujours aussi ravissante.

_ Oh, James… grand fou.

_ Ah, James !

_ Monsieur Wilton.

_ Quelle joie de vous revoir ! Cela fait… quoi… quatre ou cinq ans ?

_ Non, monsieur. J’ai quitté le service il y a à peine six mois…

_ Ah bon ?! Peu importe. Alors, comment se passe votre petite retraite ? Vous vous êtes installés au Canada, c’est bien cela ?

_ En effet.

_ Très bien… Et, sinon, vous avez voyagé un peu ?

_ Oui.

_ Très bien. Et vous pêchez aussi, peut-être ?

_ Monsieur, pardonnez ma franchise mais quand vous m’avez demandé de venir jusqu’ici à Londres, je ne pensais pas que nous parlerions cartes postales et asticots…

_ Vous avez raison, James. Alors, je n’irai pas par quatre chemins.

_ c’est une bonne chose.

_ Je vais vous dire les choses sans détours.

_ C’est mieux ainsi.

_ Parce qu’il faut savoir faire preuve de concision, parfois.

_ allez-y, monsieur.

_ car, oui, James, vous avez le droit de savoir.

_ je n’attends que cela…

_ Et je ne suis pas homme à me défiler.

_ non non non.

_ Droit au but !

_ enfin !

_ James…

_ Je vous écoute, monsieur…

_ Je n’irai pas par quatre chemins !

_ allez-y !

_ Car ce que j’ai à vous dire n’est pas…

_ NON MAIS TU VAS LA SORTIR TA PHRASE ? NOM DE DIOUSS !!!

_ Euh… excusez-moi.

_ non, vous, excusez-moi. Je me suis un peu emporté. Je vous écoute.

_ Attendez… au téléphone. Monimoni, pouvez-vous nous apporter deux tasses de thé, s’il vous plaît ?

_ James, je sais que je peux parfois me montrer un peu trop bavard.

_ Monsieur…

_ voire même peut-être un tantinet trop dramatique…

_ Monsieur.

_ Mais ne vous en formalisez pas. Car, voyez-vous…

_ Monsieur !

_ je sais que je…

_ Mon-sieur !!!

_ Bon, je vais tout vous dire !

_ …

_ … car vous avez le droit de savoir !

_ Aaaaah ! Au revoir, monsieur !

Il se dirige vers la porte.

_ James ! Nous aimerions que vous formiez deux espions !

_ Ah, enfin ! Vous savez que j’ai pris ma retraite, monsieur. C’est définitif. Je refuse votre proposition.

_ vous serez grassement payé.

_ non.

_ Voiture de fonction.

_ Non.

_ Appartement grand standing à deux pas de Piccadily Circus.

_ non.

_ pour servir votre pays.

_ non. J’en ai déjà assez fait pour prouver ma loyauté, je pense.

_ Certes…

_ Je vous l’affirme : rien ne me fera revenir sur ma décision. Absolument rien. Au revoir, monsieur.

_ Attendez, je vais vous montrer quelque chose.

Pendant qu’il fouille dans ses affaires, Monimoni entre, accompagnée d’une jeune femme. James et elle se sourient.

_ James… je vous présente ma… sœur… Flavia.

_ Oh, James ! C’est un tel honneur… Je suis si admirative.

_ Ne dites donc pas de bêtises, Flavia ! C’est à moi d’être admiratif devant vous !

_ Vous êtes un vrai gentleman !

_ Je suis moi, juste moi.

_ Oh, James, ne soyez pas si humble. Vous avez un tel de charisme ! J’en suis toute chamboulée.

_ chamboulée ?

_ Oui, toute chamboulée !

Parlant à lui-même.

_ Toute chamboulée, toute chamboulée… ce n’est pas rien… il réfléchit, hésitant ostensiblement. Puis se tourne vers le patron.

_ Ecoutez, monsieur. Finalement, tout bien considéré, je pense que je vais rester un peu à Londres pour m’occuper de ces deux débutants.

_ Ah ! Merci James ! Qu’est-ce qui vous a décidé ?

_ L’amour… de ma Patrie… chamboulée.

 

 

scène 2 :

garde 1, garde 2, un assistant

Monsieur méchant, Pearson, Wellington

 

G1_ Je ne comprends pas cette obstination à vouloir conquérir le monde à tout prix !

G2_ Comme toi ! J’ai envie de dire « mais pour quoi faire ?! » Après tu dois gérer le machin, terroriser les populations, emprisonner les intelectuels, faire la guerre, tout ça tout ça… Non, je trouve que c’est surtout beaucoup d’embêtements !

_ bah oui, et puis ce n’est pas pour devenir riche, le gars nage dans le dollar ! L’autre jour, je l’ai vu se moucher tout gluant dans un billet de cent euros !

_ Non ?! Dans un billet ?!

_ Oui, il n’avait pas de mouchoir. Et même qu’il l’a jeté et que je l’ai ramassé. Si ma fiancée savait comment j’ai financé sa bague de fiançailles !

_ Beuark, c’est dégoûtant ! Tu ne recules vraiment devant rien, toi !

_ Qu’est-ce que tu crois ?! Je n’ai pas les moyens de jouer les mijaurées. Tu ne l’aurais pas ramassé, toi ?

_ Euh… si, je suppose que si…

_ Ah, tu vois ! Attention, les voilà !

DM_ Alors, nous sommes d’accord, tout ce que je viens de vous dire doit rester strictement confidentiel ! Personne ne doit savoir !

Pearson _ Motus et bouche cousue, docteur !

_ C’est très important, personne ne doit savoir !

Well_ Nous serons muets comme des tombes !

_ Comme des tombes ?! Et bien, vous ne croyez pas si bien dire, Wellington, si l’un de vous raconte quooi que ce soit, ce ne sera plus du sens figuré ! Capicce ?

J _ Docteur Méchant ! Docteur Méchant !

_ Je suis là !

_ Madame Méchant au téléphone.

_ Qu’est-ce qu’elle veut ?

_ Je ne sais pas. Elle semble furieuse…

_ Ah… bon, attendez-moi un instant.

Il sort.

P_ Je pensais qu’il allait nous dévoiler son plan, moi.

W_ le plan pour devenir maître du monde ? Oui, moi aussi.

_ bon, au moins, il a partagé un secret avec nous, c’est déjà ça.

G1_ Un secret, un secret, je parie qu’il vous a dit pour ses petits cauchemars… c’est ça ?

P_ Comment vous savez ?

_ Il l’a dit à tout le monde !

P_ Peut-être mais à nous, il a aussi dit autre chose.

W_ Et on ne dira pas ce que c’est ! Na !

G2_ Il a encore fait pipi au lit !

P_ Mais… tout le monde le sait ?

G2_ Oui, il le dit à tout le monde. Il a un raisonnement étrange sur ce coup-là : il pense que s’il le dit à tout le monde et que tout le monde garde le secret, personne ne le saura…

P_ Mais, c’est complètement stup..

il revient

_ Alors, où en étais-je ?

P_ Vous vouliez devenir maître du monde.

_ Ah oui, c’est vrai. Messieurs, il est temps que je vous dévoile mon dernier plan génial !

Petits applaudissements.

_ Alors voilà : nous allons kidnapper des savants et les obliger à nous fabriquer une bombe atomique !

W _ Une bombe atomique ?

_ Tout à fait !

W_ Carrément ?! Mais… c’est effroyable !

_ Mais ne vous en faites pas, ce sera juste pour faire peur. Et puis, devinez qui va proposer un abri antiatomique dernier cri, tout confort et pas cher ?

W _ Vous ?

_ Banjo !

G1_ Banjo ?

_ Bah oui, banjo !

G1_ euh… Bingo, vous voulez dire ? Banco, à la rigueur.

_ Ah oui, peut-être… bingo banco !

W_ Et vous avez un labo secret spécialisé ?

_ Non. Pas encore.

W _ des ordinateurs puissants pour les physiciens ?

_ Non. Pas encore.

W_ Et de la matière première ? Du plutonium ou quelque chose du genre ?

_ Non, pas encore.

W _ Et un personnel qualifié ? Des scientifiques ?

_ Non, pas encore…

W _ Vous allez devoir en stocker un paquet en lieu sûr… vous savez où ?

_ Non, pas encore…

W_ Et vous vous rendez compte que votre plan prendra plusieurs années ?

_ Bon, Wellington, vous êtes de mon côté ou quoi ? Qu’est-ce que vous essayez de me faire dire ?

W_ rien, docteur ! Si ce n’est que… cette histoire de bombe me paraît extrêmement compexe. Je pensais… nous pourrions peut-être plutôt nous intéresser à voler quelque chose qui existe déjà.

_ Comme quoi ?

_ Je ne sais pas… une maladie ou quelque chose comme ça…

_ Attendez, j’ai une idée ! ! Nous allons voler une maladie ! Ou mieux : un chercheur spécialisé en maladies !

W_ quelle excellente idée !

_ Super ! Allez, c’est décidé ! Pearson, occupez-vous donc de m’organiser tout ça ! Vous avez carte blanche ! Bon… si quelqu’un me demande, dites-lui que je suis avec ma femme, nous avons un gala de bienfaisance. Au revoir, messieurs !

 

 

Scène 3

James, le patron, Mary Sue, Francesca, l’ancien instructeur, Rémi

 

_ James, je vous présente Mary-Sue et Francesca, les espionnes que vous devez former. Je vous laisse avec leur instructeur précédent.

_ Bonjour James.

_ Bonjour. Alors, comment sont les recrues ?

_ Comment cela , On ne vous a pas prévenu ?

_ A propos de quoi ?

_ Disons que notre cellule de recrutement doit avoir un sacré sens de l’humour…

_ Comment cela ?

_ Ecoutez, je vous laisse vous présenter, quelque chose me dit que vous allez vite comprendre… Allez-y, je vous en prie…

_ Bonjour.

_ Bonjour. Je suis Francesca !

_ Mon nom est Bond. James Bond.

_ Pas compris.

_ Je disais : mon nom est Bond. James Bond.

_ Il est rigolo, votre nom.

_ Comment cela ?

_ bah… Bondjémesbond, c’est rigolo comme nom, je trouve.

_ Non non, vous avez mal compris : mon nom est James Bond.

_ Mais j’avais compris ! Votre nom, c’est Jamesbond ! Je ne suis pas totalement abrutie, vous savez…

_ Ah, excusez-moi je pensais que…

_ Et votre prénom, c’est Bond. Bond Jamesbond.

_ Non, je suis James. Bond. Juste James Bond.

_ Ah… d’accord… mais, du coup… Juste James, c’est un prénom composé ? Excusez-moi mais ce n’est pas clair, votre histoire.

_ Dites-moi… vous le faites exprès ?

_ faire quoi ?

_ de ne pas comprendre.

_ Pourquoi ? Je n’ai pas compris quelque chose ? Encore ?! Ca m’arrive tout le temps, ce truc ! Rassurez-vous, ça doit venir de moi !

_ Oui, je n’avais pas réellement de doute à ce sujet !

Elle sanglotte.

_ Vous savez, des fois, quand je leur parle, les gens me regardent comme si j’étais une bête de foire.

_ Mais non, vous vous faites des idées…

_ Vous croyez ? Vous êtes gentil, Brandon.

_ Brandon ?!

_ Ah non, moi, c’est Francesca.

_ non. Vous m’avez appelé Brandon.

_ non plus ! Mais je peux le faire, si vous voulez.

Brandon ?! Brandon ! Brandon, il y a Richard ici qui veut que je t’appelle ! Brandon ?!

Il se tourne vers l’autre.

_ Et vous, vous devez être Mary-Sue ?

Il s’approche d’elle pour lui serrer la main.

_ Mnpf ! Akaïiiiiiiiiiii !

_ Attention, monsieur Bond, elle est dangereuse.

_ Merci. Vous êtes ?

_ Je suis Rémi, l’assitant du recruteur.

Elle pousse soudain un hurlement et effectue des mouvements grossièrement d’arts martiaux.

_ Très impressionnant. Vous êtes championne de karaté.

Nouveaux cris, nouveaux gestes ! Regards menaçants vers le public.

_ Oui. Très bien. Et donc, vous pratiquez le jiu…

Même scène.

_ Elle ne vous répondra pas, monsieur Bond. Elle ne parle pas notre langue, en ce moment.

_ Parce que d’habitude, elle la parle ?

_ Oui. Enfin, ça dépend des fois.

_ Bon, je suis perdu…

instructeur_ Attendez, James, je vais vous expliquer. Mary-Sue est très… comment dire… influençable, oui, c’est le mot ! Elle a vu un film de Bruce Lee hier soir et… eh bien vous avez vu, elle se prend pour Bruce Lee.

_ Ah bon ?!

_ Oui. Et vous avez de la chance, il y a une grosse quinzaine de jours, elle a vu Chicken Run… Elle a caqueté toute la journée en donnant des coups de bec à tout le monde. Nous avons vécu l’enfer pendant quarante-huit heures !

_ Mais qu’est-ce qu’elles font là ?

_ Vous voulez dire : comment sont-elles arrivées jusqu’au dernier stade de la formation ?

_ Oui, qui a bien pu penser qu’elles deviendraient un jour des espionnes ?! L’une est bête à manger du foin -et encore ! Il ne faudrait pas qu’il soit trop loin de son museau-, l’autre est folle à lier !

_ Eh bien, figurez-vous qu’elles nous été imposées par le ministre lui-même !

_ Le ministre ?!

_ Je ne connais pas ses raisons. Et je ne veux pas les savoir. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis… que j’étais ! leur dix-neuvième instructeur en moins de quatre mois et que je pars en cure de relaxation intensive dès demain. D’ailleurs, je vais vous quitter, j’ai mes douze boîtes d’antidépresseurs hebdomadaires à aller chercher à la pharmacie.

Bon courage, James ! Vraiment !

_ Merci ! Je sens que je vais en avoir besoin.

Francesca s’approche de Mary-Sue.

_ Excusez-moi, vous êtes Arnold ? J’ai ici un dénommé Willy qui vous appelle.

Mary sue la regarde et abandonne lentement sa posture de karatéka.

_ … mais qu’est-ce que tu me racontes, là ?!

 

 

Scène 4

Pearson, plusieurs individus patibulaires sauf un.

Bruno, Ernest, Nastasia, Jean-Pierre Bandit, Michel Voyou

 

_ Bonjour messieurs. Et merci d’être venus à cet entretien d’embauche. Comme vous le savez, je travaille pour une compagnie qui cherche des salariés un peu particuliers. Suite à notre annonce, nous avons reçu des milliers de lettres de candidature. Ce sont les vôtres que nous avons sélectionnées. Aujourd’hui, notre tâche sera de définir qui parmi vous aura la chance d’intégrer l’équipe que nous voulons former. Pour cela, vous passerez un entretien professionnel. Des questions ?

_ Oui, moi. L’homme est moustachu.

_ Vous êtes ?

_ Jean-Pierre Bandit. Je ne suis pas policier.

_ Ah… je vous écoute.

_ alors voilà : je ne suis pas membre des services de renseignement de la police, mais alors pas du tout ! Cependant, j’aimerais savoir pour quelle mission nous serons engagés.

_ Nous ne voulons pas le dévoiler maintenant.

_ bon…

_ Une autre question ?

JPB lève le doigt.

_ Oui, Jean-Pierre?

_ Voilà. J’ai entendu dire que votre patron était le docteur Méchant. Pouvez-vous confirmer cela ?…

oh et j’ai oublié de dire que je ne faisais pas du tout partie de la cellule grand banditisme des services de renseignement de la police !

_ Vous en êtes sûr ?

_ Bien-sûr ! Fouillez-moi, vous verrez bien que je n’ai pas sur moi la plaque et la carte obligatoires en cas d’intervention, pas plus que le brassard.

_ Une fouille ? Bonne idée.

_ Euh… non, je disais ça comme ça…

_ Et donc, cela ne vous dérange pas que nous vérifiions si vous portez un mouchard ?!

_ Euh… attendez, non. Euh… je vous ai dit que je n’étais pas de la police !?

_ Oui oui, vous l’avez dit. Plein de fois. Vous permettez ?

_ Alors, euh… oui… mais… bon… je viens de me souvenir… que j’étais… euh… garé en double file. Je sors, je stationne sur un emplacement prévu à cet effet et je reviens tout de suite.

Il s’enfuit.

_ Suivant. Vous êtes… Ernest.

_ Affirmatif.

_ Et vous venez de sortir de prison.

_ Affirmatif.

_ Vous avez purgé cinq ans pour… violences sur petits chats ?!

_ Affirmatif. Moi pas aimer petits chats.

_ Et quel genre de violences ?

_ Moi pas caresser tout petits chats quand petits chats miauler.

_ Oui. Et ?

_ …

_ C’est tout ?

_ Affirmatif.

_ Vous avez fait cinq ans de prison pour ne pas avoir caresser un petit chat.

_ Deux petits chats.

_ cinq ans de prison ?!

_ Affirmatif. Juge sévère.

_ un peu, oui…

_ Juge donner moi amende cinquante euros alors moi pas content et moi taper juge. Juge dire pas bobo tête et moi cinq ans prison.

_ Ah, d’accord, je comprends mieux, là.

_ et vous avez fait les cinq ans ?

_ Affirmatif. Moi taper gardiens.

_ Ah… Merci. Suivant. Bonjour…

_ Je suis Nastasia.

_ Ah oui. J’ai vu que vous avez été membre du KGB.

_ Oui. J’étais chargée du recrutement des agents. Nous avions besoin de beaucoup d’informateurs à la grande époque.

_ très bien. Vous recrutiez… Vous allez pouvoir m’aider alors…

_ ah non, je ne peux pas. Je suis spécialisé dans le recrutement d’enfants de maternelle.

_ Comment cela ?

_ Et bien comment croyez-vous que nous récoltions autant d’informations aussi précises ?

_ C’est abominable !

_ oui, je sais.

_ Et, dites-moi, en quoi pourriez-vous être utile à notre organisation ?

_ Parce que je sais soutirer n’importe quelle information de n’importe qui.

_ Vraiment ?

_ Oui. D’ailleurs, le docteur le sait déjà. Il a déjà fait appel à mes services auparavant.

_ Ah bon ?! Ce n’est pas dans votre dossier.

_ Donc, c’est bien le docteur Méchant qui recrute…

_ Comment vous savez ?

_ Vous venez juste de me le confirmer.

_ Ah, d’accord ! Vous êtes très forte.

_ Oui. La meilleure !

_ très bien. Merci madame. Suivant. Bonjour monsieur.

_ Bonjour, je suis… bah je suis Bruno, en fait.

_ Bruno, oui.

_ Euh… bonjour… excusez-moi maisje suis un peu perdu…

_ Comment cela ?

_ Et bien voilà… je suis fleuriste et je…

_ fleuriste ?

_ Oui. Et… comment dire… quand je regarde les autres candidats…

_ Qui vous a envoyé ici ?

_ Personne, j’ai juste lu votre petite annonce et je…

_ Il doit y avoir une erreur.

_ Je pense aussi.

_ Notre annonce était pourtant on ne peut plus claire ! Tenez, j’ai le journal là sous les yeux : cherche homme/femme calme, célib, sans scrupules, pour activités illégales, crimes et autres délits. Expérience exigée.

_ Ah… euh… je crois que je me suis trompé…

_ Oh mais oui, j’ai compris. Je vous lis celle d’après :

cherche fleuriste sachant parler aux plantes pour remplacement pendant vacances scolaires.

_ Oui, voilà ! C’est bien celle-là.

_ Bah non, ce n’est pas ici. En fait, nous cherchons plutôt des gros bras, des vicieux, des gens qui n’ont pas de scrupules, en fin de compte.

_ Ah… des méchants, quoi…

_ Oui, des vrais méchants.

_ Alors, je suppose que je ne suis pas qualifié.

_ Non. A moins que… vous savez manier la tronçonneuse peut-être ?

_ Non plus… Et bien, écoutez mon cher monsieur, je vais vous laisser, alors.

_ Oui, c’est mieux.

_ Je peux y aller ?

_ oui. Laissez-nous quand même votre carte, nous aurons peut-être besoin de vos services.

_ Ah ?

_ Oui, nous sommes de gros consommateurs de couronnes mortuaires…

_ Je vois…

_ Vous êtes encore là ?!

_ Non, non…

Il part, effrayé. Un homme moustachu arrive, essouflé.

_ Excusez-moi, je suis en retard. Je suis Michel Voyou et je n’ai pas de micro sur moi.

_ Michel Voyou…

_ Oui. Et je tiens à préciser que je ne…

_ vous n’êtes pas policier ?

_ tout à fait ! Mais comment vous saviez que j’allais dire cela ?

_ Vous êtes un ami de monsieur Bandit, n’est-ce pas ?

_ Non, pas du tout !

_ Si si…

_ Vous êtes sûr ?

_ oui. Vous devriez partir, monsieur Voyou.

_ Vous croyez ?

_ Immédiatement…

_ Ah…

Il part en courant.

_ Bon, monsieur, madame, nous avons le plaisir de vous compter parmi nos collaborateurs. Bienvenue chez nous.

_ Spasiba !

_ Affirmatif !

 

Scène 5

professeur Papoute, Guy (l’assistant), Francesca, Mary-Sue

 

_ Professeur Papoute, elles sont là !

_ Qui ?

_ Les deux espionnes envoyées par le ministère.

_ Celles qui vont nous surveiller ?

_ Nous protéger, plutôt.

_ Mouais… je n’ai pas confiance ! Je n’ai pas besoin d’une nounou à mon âge !

_ Professeur ! Vous savez que le gouvernement prend votre sécurité très au sérieux depuis votre dernière publication sur les virus létaux.

_ Je sais… bon, amenez-les moi !

_ Alors, je vous présente Francesca, c’est bien cela ?

_ euh… oui, je crois. Bonjour, monsieur.

_ Et vous devez être Mary-Sue.

_ Buenos dias, señor Zorro della Zubizaretta. Como esta à la cucarracha?

_ Comment ? Il se tourne vers l’assistant. Elle est espagnole ?

_ Non, pas que je sache…

_ Un dos Tres, un passido bailente, Maria. Vamos a la playa, rafael Nadal i sergenté Garcia.

_ Non, je confirme, elle n’est pas du tout espagnole, professeur.

_ Alors… j’ai envie de dire : pourquoi ?

_ Ah, Bernardo ! C’est miraculo !

_ C’est moi qu’elle appelle Bernardo ?!

_ Madre dé julio Iglesias ! Bernardo ! Mais tu palabres, maintenant ?! Jesus Christo dé Celta Vigo ! C’est un miraculo !

_ Elle est folle ?

Fr _ Non, juste très influençable. Nous venons de tomber sur un vieil épisode de Zorro. Elle est encore dedans, là !

_ Et c’est cela qu’ils ont envoyé pour me protéger ?!

_ Ne vous en faites pas, Francesca et moi, nous sommes des professionnelles.

_ Si, señor. Hasta siempre Arantxa Sanchez !

_ Mais.. ce n’est pas vous Francesca ?

_ Ah si, pardon, je nous confonds toujours. Attendez un peu. Elle consulte ses paumes de main puis les montre. Sur l’une d’elles, il est inscrit Fran et sur l’autre cesca. Oui, Francesca, c’est bien moi. Elle, c’est Mary-Sue. Et moi, Francesca. Elle essaie de retenir. Francesca. Francesca. C’est bon, je pense.

Guy _ Euh… cela vous arrive souvent, d’oublier votre prénom ?

_ Non non, je l’ai toujours sur moi. Pas vous ?

_ …

_ Bon, pour être honnête, j’ai pu l’oublier une fois ou deux chez moi. Mais je suis prévoyante, j’en ai toujours un en double sur moi, au cas où… regardez ! Elle montre ses paumes de main.

_ mon cher Boris, je crois qu’elles sont toutes les deux totalement cinglées !

_ Ou elles font semblant !

_ Et pour quelle raison ?

_ Parce que… je ne sais pas, professeur…

_ totalement cinglées, je vous dis !

_ Senõr. Donde esta l’assietta dé paélla ?

_ Qu’est-ce qu’elle a dit ?

_ Du charabia, professeur. Ecoutez, restez-là, je vais appeler le minsitère.

Il sort.

Gêne du professeur.

Cri, bruit dans les coulisses.

_ A moi !!!

Fr _ Vite ! Vite, professeur !!! Dépéchez-vous !!! Professeur, allez vite vous cacher quelque part !

_ Mais où ?!

_ Ah oui, pardon. Dans une cachette, professeur. Il faut absolument que vous vous cachiez dans une cachette ! C’est primordial ! Allez, allez !

_ Mary-Sue, à nous de jouer, maintenant !

_ Si, señorita ! Et buena sierra social club, señor de la Vega !

_ Tiens, prends ça.

Francesca tend un livre sur la vie de Marie Curie à Mary Sue. Celle-ci commence la lecture.

_ Qu’est-ce que vous faites ?

_ Je lui donne de la lecture.

_ Là ?! Maintenant ?

_ Oui, ce sont les instructions.

_ Totalement congelées du bulbe !

Il sort.

 

Scène 6

Nastasia, Ernest, Mary-Sue et Francesca, le professeur.

 

Er _ Vous donner nous professeur !

Fr _ Non ! Vous ne saurez jamais où est le professeur !

Er _ Moi taper vous.

Fr _ Moi pas répondre quand même !

Nas _ euh… vous permettez ? Déjà, bonjour.

Fr _ Bonjour. Et non, n’insistez pas, je vous dis que nous ne parlerons pas ! Nous resterons muettes comme des bombes ! Vous ne le trouverez jamais !

Nas _ Oui, c’est cela… mais, de qui parlez-vous, au juste? Depuis tout à l’heure, vous parlez d’un professeur mais… il n’y a pas de professeur, ici !

Fr _ Que de quoi ?! Il n’y a pas de professeur ici ?!

Nas _ Apparemment… non.

Fr _ Il n’y pas de professeur ici ?

Nas _ Toujours pas, non.

Fr _ Vous dites qu’il n’y a pas de professeur ici, c’est bien ça ?!

Nas _ Oui, c’est ce que je dis !

Fr _ Vous l’affirmez ?

Nas _ Oui, je l’affirme !

Fr _ Vraiment ?

Nas _ Oui, vraiment !

Fr _ Ah ah ah !!! Ma chère madame, permettez-moi de m’esclaffer : Ah ah ah !!! Je ris, mais je ris ! Et si moi je vous disais qu’il y a un professeur ici !? Parfaitement ! Dans cette maison-même, en ce moment-même ! Et oui, madame je-sais-tout !

Nas _ Je ne vous crois pas !

Fr _ elle ne me croit pas, elle ne me croit pas !!! Oui, bah , attendez-moi là, je vais aller vous l’appeler, ce « professeur qui n’est pas là » ! On va bien voir qui est la plus maligne des deux, madame je-sais-tout !

Nas _ J’attends…

Er _ Elle idiote ?

Nas _ Oui.

Er _ Elle idiote championne du monde !

Nas _ Oui. À un point… c’en est même presque suspect, en fait !

Fr _ Professeur ! Professeur !

_ Je pense qu’il se méfie. Attendez… elle fait un clin d’oeil à Nastasia. Attendez, je vais l’avoir… Professeur ! Vous pouvez sortir, c’était une fausse alerte ! Venez, professeur, il n’y a plus rien à craindre.

_ Vous êtes sûre ?

_ Oui oui, faites-moi confiance.

_ J’arrive… Mais… qu’est-ce que… vous m’avez trahi ?!

Nas _ Oui, mais pas exprès, rassurez-vous.

_ Je vois… Mais ce n’est pas possible d’être aussi bête !

Ernest attrape le professeur.

Nas _ Oui, c’est surprenant .. et vous, là, vous ne dites rien…

MS _ Moi ? Non, écoutez, je suis assez occupée en moment, laissez-moi tranquille.

Er _ Elle mal parler. Moi casser figure elle ?

Nas _ Non, attends, j’ai mon doute qui me démange encore. Je vois que vous êtes occupée, madame. Puis-je vous demander sur quoi vous travaillez ?

_ Sur rien ! Laissez-moi tranquille, je vous dis.

_ Bon, je n’insiste pas, je vous laisse travailler… professeur !

MS _ Merci, vous êtes bien aimable !

Nas _ Je le savais ! C’est elle, le professeur ! C’est elle qu’il faut emmener ! Ernest, lâche le vieux, c’était un leurre ! Et attrape celle-là !

Fr _ Mais non, c’est lui le professeur !

Nas _ Arrêtez de jouer la neuneu, cela ne marche plus, j’ai tout compris !

Ernest lache le professeur et agrippe Mary-Sue.

Fr _ Mais puisque je vous dis que…

prof _ Arrêtez Francesca, ce n’est plus la peine. Ils sont trop malins.

Fr _ Mais c’est vous le professeur, professeur !

Nas _ Bon, allez, Ernest emmenons-la loin d’ici ! Vous avez bien failli nous avoir !

Ils sortent. Le professeur vient prendre les mains de Francesca.

Prof _ Alors, là, Francesca ; c’était du pur génie ! Moi qui pensais que vous étiez d’une stupidité sans nom… je dois dire que vous m’avez bien eu ! Vous avez mené cela à la perfection ! Ils n’y ont vu que du feu ! Non, vraiment, bravo !

Il sort.

Francesca se troune vers le public et montre son incompréhension. On la voit réfléchir intensément :

_ Mais alors… si j’ai bien compris… ça veut dire que Francesca était le professeur depuis le début ! Elle regarde ses mains. Ah, non, c’est moi Francesca.

Eclair de « lucidité ».

_ Mais alors… si j’ai bien compris… c’est moi le professeur !

Elle sort en courant :

_ Attendez, attendez, il y a erreur ! C’est moi le professeur ! C’est moi qu’il faut emmener !

 

 

Scène 7 :

 

Francesca, le boss, le ministre, Genny, monsieur Simeoni, madame Simeoni.

mini_ Genny ?

_ Oui, monsieur le ministre ?

_ vous avez mes cahouètes ?

_ Vos cacahuètes ? Oui.

_ Tant mieux. Vous savez que j’adore les cacahuètes.

_ Je sais, monsieur.

_ Je trouve qu’on n’en a jamais assez !

_ Sans doute, monsieur…

_ certaines personnes, des simplets, disent que les cacahuètes ne font pas le bonheur, ils ont tort !

_ Si vous le dites…

_ Bon, Genny… trêves de bavardages, qu’avons-nous au programme aujourd’hui ?

_ Il y a ce gala de bienfaisance, ce midi.

_ Oui. C’est bon, j’ai mon costume dans la voiture.

_ Ce matin, vous avez une décoration.

_ Encore ?! C’est qui ?

_ Francesca Simeoni.

_ Qui ? Elle chante quoi, celle-là ?

_ Ce n’est pas une chanteuse. C’est l’espionne qui a empêché l’enlèvement du professeur Papoute.

_ Ah. Très bien. Elle est arrivée ?

_ Pas encore, mais ses parents sont là.

_ Faites-les entrer.

Ils font irruption, visiblement impressionnés.

Mère _ Salut tertous !

père_ comment qu’tu causes ?! Ché bonjour monsieur eul minisse qui faut dire. Chéti une boudjou de belle baraque qu’ta là, min gaillard !

_ Comment ?

Mère _ i’dit que vouzôtes, z’êtes ben plein aux as ichi !

_ Genny… Je ne comprends rien ! Ils ne sont pas français ?

_ Si si, monsieur. Ils viennent du Pas-de-Calais.

_ Ah !!! vous auriez dû me prévenir… Alors, messieurs, dames, vous avez fait bon voyage ?

_ oh, cha été mais ch’train y’éto bondé, hein.

_ Qui ?

_ Qui ?! Ko kché kte racontes ?

_ Vous. Avez. Fait. Bon. Voyage ?

_ éh oh, cha va, hein. I nous prindrait po pour des boubourses, chti là !

_ Bon… Genny, essayez de leur faire comprendre que nous allons attendre leur fille.

Père _ Cha va, on a compris, hein.

_ Ah. Tant mieux. Je suis désolé, je ne suis pas familier avec le cheutimi…

mère _ J’vire cha, mais te sais, on est nin des sauvachs. Ché juste qu’on cause nin parel.

G _ En tous cas, c’est gentil d’être venus en ce jour particulier pour votre fille.

Père _ ouais… en causant d’cha, quo qu’ché qu’elle a fait de si terrib, eum file ?

G _ elle a empêché l’enlèvement par une organisation terroriste de l’un de nos plus importants chercheurs.

Père _ Eum file ? Elle a fait cha ?

Mini _ Oui. Elle a agi avec un professionnalisme et une intelligence rares !

Mère _ Francesco ? Vraimin ?

père_ Ecoutez me, monsieur le miniss : eum fill, j’la conno comme si je l’avos fait ; al a déjà bin du mal à s’rappeler d’sin nom alors pour le resse !

_ Elle s’est très durement entraînée.

_ Mouais… Mi, j’deminde ‘core à vire cha !

Mini _ si si, je vous le dis ! Grâce à son ingénuosité hors du commun, elle a sauvé la patrie en danger !

_ I cause eud not’Francesco, lo ?! Bin, min fiu, i vot miux intend cha que d’ête sourd !

G _ Je crois qu’elle arrive.

_ Papa ! Maman !

mère _ Ah, min cocotte !

père _ argard meu cheu chelle grinde berkéne ! Te sais que mi chu bin fier eud ti. Te’l sais, hein ?

_ Oui, papa.

Mère _ Allez, vas-y, raconte !

Mini _ hum hum…

Mère _ ah oui… j’l'avo oublié c’ti lo !

Mini _ Bonjour Francesca. Bon, je commence ? Francesca Simeoni, par vos actes courageux, votre comportement exemplaire et votre dévouement humble et honnête, vous avez suivi la voie tracée par vos non-illustres aînés, pas célèbres dans le monde secret de l’espionnage.

F _ Je n’ai rien compris.

Mini_ Aussi, c’est avec une immense joie que je vous élève aujourd’hui au rang de grand chef de la légion d’honneur des espions.

F _ Ah mince !

G _ Non non, c’est une bonne nouvelle.

_ Vraiment ?

_ Oui. Vous allez monter en grade.

_ Moi ? Pourquoi ?

_ Quelle question étrange ! Vous avez sauvé le professeur, non ?

_ Euh… je suppose puisque je suis là. Elle chuchotte. Vous savez, en vrai de vrai, le professeur, c’est moi…

_ Francesca… non, vous n’êtes pas le professeur. Vous êtes une espionne, vous vous souvenez ?

_ Oui, ça, c’était avant. Mais j’ai tout compris. Le professeur, c’est moi. Elle fait un clin d’oeil.

_ Mais… non !

Nouveau clin d’oeil.

F _ Ne vous en faites pas, je saurai garder le secret.

G _ Mais quel secret ? Vous n’êtes pas professeur ! Dans quelle langue faut-il vous le dire ?

Père _ Essaie en chtimi, biloute. On vous l’avait dit, nous zôtes. Francesco, alé bin brave et pis ché une rude bielle file mais ché chur qu’al éclaire po din l’noir.

G _ Quoi ?

Père _ ché po une lumière, quouo.

G _ Je commence à comprendre, oui. À se demander comment elle a pu être recrutée par nos services.

Mère _ Ah, ché nin un mystère, hein ! Eul frère à min vo’jin, ché l’big boss. Il désigne le ciel.

_ le big boss ? Vous voulez dire… il mime une prière.

_ Bah, nan, qué niguedoule, chti lo! Eul big boss, ché l’aut’ Biloute de Vincent ! Eul présidin d’eul France !!!

 

 

 

scène 8 :

Vincent Méreaux (le président), un général, un militaire et Francesca.

_ 9. J’appuie sur le bouton vert. 10. J’ai cinq secondes pour appuyer sur le rouge, celui du lancement.

_ Voilà. Vous avez maintenant les codes, vous connaissez la procédure, alors voilà monsieur le président, je vous ai tout dit !

_ Merci, général. Quelle responsabilité, quand même… Je pensais vraiment que cette histoire de valise nucléaire, c’était une légende, un truc de film.

_ Non, non, monsieur le Président. Elle est là. En chair et en os.

_ Et c’est moi qui ai les codes…

_ Tout à fait, monsieur le Président.

_ Ah, ça me donne des frissons…

_ C’est normal, monsieur le Président. Et vous vous en sortez plutôt bien, croyez-moi. Votre prédecesseur s’était évanoui trois fois pendant mes explications.

_ Bon, il faut que je me reprenne ! J’ai un rendez-vous très important juste après vous.

_ Très bien, monsieur le Président.

_ Au revoir, général.

_ Au revoir, monsieur le Président.

_ général, attendez !

_ Oui ?

_ Juste une dernière chose. Dites-moi, général… vous qui en avez vu d’autes… comment dire… euh… allez, je me lance : vous me trouvez bel homme ?

_ Bel… homme ? Comment cela ?

_ Et bien, me trouvez-vous séduisant ?

_ Je… euh… sans doute, je ne sais pas, monsieur le Président…

_ Si si, pensez-vous que je puisse plaire ?

_ Euh… je… euh… vous…

_ Parlez franchement ! Vous, par exemple, vous me trouvez comment ?

_ Euh… moi ? Je vous trouve bien.

_ Bien ?

_ Oui, bien.

_ Mais encore ?

_ Euh… très ? Bien.

_ D’accord, mais allez-y, n’ayez pas peur !

_ Je… euh… Permission de parler franchement, monsieur le Président ?

_ Oui !

_ Et bien… vous savez… je suis assez conventionnel… je… comment dire… je suis désolé si je vous brise le cœur, mais je suis un homme marié…

_ oui, quel est le rapport ?

_ Et bien, monsieur le président, vous le savez, je suis un homme loyal et fidèle.

_ Je n’en doute pas, général ! Mais répondez donc à ma question : suis-je une séduisant ?

_ Monsieur ! J’aime les femmes !

_ Mais pourquoi me dites-vous… Ah, mais non ! Non non non, général, c’est un malentendu ! Je suis un homme à femmes aussi. Ah ah ah ! Rassurez-vous !

_ ouf, je suis soulagé. J’avoue avoir ressenti beaucoup de gêne, monsieur le Président…

_ J’ai vu. Bon, allez-y, je ne vous embêterai pas plus longtemps. Au revoir, général.

_ Monsieur.

_ Ah encore une petite chose…

_ Oui ?

_ A tout à l’heure, mon gros loulou ! Il lui envoie un bisou.

_ …

_ Mais non, je plaisante !

On toque.

_ Bonjour monsieur le Président.

_ M’enfin, appelle-moi Vince, pas de chichi entre nous. Ah, Francesca, quel plaisir de te revoir.

_ Oui. Je sais. Moi aussi, j’aime bien me revoir, le matin, dans le miroir.

_ Oui. J’ai suivi toutes tes aventures, tu sais…

_ C’est vrai ?

_ Oui… j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour toi, tu le sais…

_ C’est gentil. Je lui dirai.

_ A qui ?

_ à… euh… oups, pardon, je n’ai pas l’habitude de recevoir des compliments.

_ Pourtant, tu es une femme si belle ! Si… parfaite ! Dis, je peux te poser une question personnelle, Francesca ?

_ Vas-y.

_ Est-ce que tu as trouvé le grand amour ?

_ Bah non ! Je ne savais même pas qu’il fallait le chercher !

_ Francesca, j’ai toujours ressenti pour toi quelque chose de très fort.

_ Monsieur le Président, monsieur le président ?!

_ Vite, cache-toi là.

Francesca se poste derrière un pot de fleurs, un porte-manteaux… un militaire arrive.

_ Monsieur le Président, je suis désolé de vous importuner mais nous avons oublié une étape importante. Nous devons maintenant tester le système sans le général.

_ Ah… qu’est-ce que je dois faire ?

_ et bien tout ce que le général vous a dit.

_ Ah, la procédure en 10 points.

_ oui, c’est cela.

Tout au long de la procédure, Francesca sort et se rapproche furtivement.

_ Vous êtes prêt, monsieur le Président ?

Il inspire profondément.

_ Je suis prêt !

_ Allez-y.

_ 1. Je prépare ma feuille avec le code. 2. Je prends la clé. 3. Je pose mon œil sur le détecteur de pupille, 4 je me présente : mon nom est Vincent Mér… Atchoum…

_ Approchez-vous un peu de la valise, monsieur le président. Réessayez.

_ 4. Mon nom est Vincent Méreaux. 5, j’ouvre la valise. 6. J’ai maintenant 20 secondes pour entrer le code. Mon papier…

_ Il est là.

7.Je désarme le bouton rouge. 8. J’enclenche le bouton vert. Et ?

_ Nous allons nous arrêter là, monsieur le Président !

Vincent se lève pour se détendre.

_ Ne vous en faites pas, je n’allais pas continuer. Je serais quand même un tantinet tristoune si le monde devait être détruit par ma faute…

_ Oh, un bouton vert !

_ Francesca ?!

_ J’adore le vert !

Elle appuie dessus.

_ Et un autre rouge !

_ NON !!!! FRANCESCA !!!

_ J’adore le rouge aussi !

Noir.

 

 

Scène 9, épilogue.

Saint Pierre, Francesca, docteur Méchant, Ernest, le père et la mère de Francesca, Flavia

 

_ Suivant !

_ Docteur Méchant.

_ Bon, je regarde votre dossier… pas joli joli… je vous envoie en enfer, monsieur Méchant.

_ Vraiment ? Nous pourrions peut-être nous arranger…

_ Ecoutez, vous savez qui je suis ! Ca fait cinq mille ans que je trie les âmes sept jours sur sept, deux semaines de congé par an, sans RTT, avec seulement des pauses sandwich de vingt minutes… j’en ferais quoi de vos sous, hein ?!

_ Oui. Mais je…

_ Allez, Zou, les enfers ! Suivant !

_ bonjour monsieur Pierre.

_ Bonjour belle enfant. Tu es Flavia, c’est cela ?

_ Oui. Et permettez-moi de vous dire que je vous trouve très très séduisant, monsieur Pierre…

_ Oh… un peu de gym de temps en temps, du vélo d’appartement, trois fois rien… je fais juste un peu attention à moi, quoi…

_ Oh, quels muscles !

_ Oui… vous trouvez aussi ?

_ Oh, monsieur Pierre ! Vous êtes marié ?

_ Euh… non. Allez Zou, au paradis ! Tenez Flavia, ma carte. J’habite 16 rue Johnny Halliday.

_ A plus tard, grand fou !

_ Oui… Où j’en étais, moi ? Ah oui : suivant !

_ Moi Ernest.

_ Je vois sur votre fiche que vous êtes un méchant…

_ Moi, méchant. Moi taper.

_ Ce n’est pas bon, ça. On ne tape pas beaucoup au Paradis, vous savez. Je vais devoir vous envoyer en Enfer… Ah, mais je vois aussi que vous n’aimez pas les chats !

_ Non, moi pas aimer chats. Chats : beurk !

_ Ah, mais cela change tout, mon cher Ernest ! Bienvenue au Paradis !

_ Moi merci toi.

_ Suivants !

_ Nom de Diouss !

_ ne blasphémez pas ici, monsieur, enfin !

_ Vraimin, ti alors ! T’en rates po une ! Scusez-le, hein. Y’a pas l’habitud eud claquer euss pipe, hein !

_ Ouais, te’t rins compte qu’y a core cinq minutes, j’me diso qu’jiro bin al péque avec mes copains. J’avo pris min canne à péque et pis v’là ti pas que j’martrouve ichi !

_ Oui, vous avez quan même dû entendre une énorme détonation avant.

_ Bah ouais mais j’croyo qu’chéto min pote Albert qu’avo core un coup minché trop d’flageolets à midi !

_ non, c’était une bombe atomique, monsieur.

_ Et béh, min fiu ! Ché eun rude nouvelle !

_ Et, dis-me, min gamin, et min rôti ?

_ Ah ça, il a bien cuit, votre rôti, madame ! Comme tout le reste cinquante kilomètres à la ronde. Bon, vous m’êtes sympathiques, allez, je vous mets au paradis.

_ Y’a des pichons ?

_ euh.. oui, je crois…

_ Alors, ch’a m’vo.

_ Ah ti, alors !

_ Suivant.

_ Bonjour. Je suis… euh… Francesca, je crois.

_ Ah, mais c’est vous ! Hé, les anges, venez voir qui vient d’arriver ! Vous savez, vous êtes une véritable star ici, mademoiselle Francesca.

_ Je suis… désolée.

_ Mais non, ne le soyez pas ! Ecoutez, on a suivi toutes vos aventures en live d’ici, en haut.

_ Ah ?

_ Et qu’est-ce qu’on a ri ! Jamais je n’avais ri autant !Bon, c’est sûr qu’à la toute fin, vous nous avez donné pas mal de boulot…

_ Ah ?

_ Oui, la guerre nucléaire et tout ça… J’avoue que le Grand Patron ne va pas être très content quand il va revenir de son colloque avec ses collègues et qu’il va voir que vous avez trucidé quatre-vingt-dix pourcents de sa jolie création, mais bon… Vous verrez cela directement avec lui.

_ Le grand Patron, c’est le… président ?

_ Mais non, avec LE Grand Patron… C’est à dire que… vous êtes un peu décédée, ma petite madame, hein.

_ ah, quand même…

_ Mais ne vous en faites pas, Francesca, tout va s’arranger. Vous n’aurez qu’à lui parler d’écologie et de réchauffement climatique, il ne jure que par ça en ce moment, l’écologie.

_ Bon… et sinon, je…

_ Vous ?

_ Sinon, je… vais où ?

_ Ah mais vous allez au Paradis ! Je vais vous dire, vous êtes un sacré phénomène, Francesca. Non, sérieusement, vous avez un vrai univers. Je vous veux dans mon équipe ! Suivant !

 

 

 

 

 

 

 

 

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